A Poitiers, on pleure, on dessine, on s’exprime…

Au lendemain du drame dans les locaux de Charlie Hebdo, tout le monde pleure. A Poitiers, plusieurs commerçants ont scotché le petit mot « Je suis Charlie » dans leur vitrine, d’autres se sont exprimés à leurs façons…

Petit (triste) tour en photos dans les rues de la ville.

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A la tour Toumaï (gare de Poitiers), les post-it servent aussi à ça.

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Nous avons reçu ce dessin de Nadia Savarit, une artiste poitevine amateur.

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Sur la façade du CRIJ, rue Gambetta, on peut s’exprimer librement.

 

 

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Dès hier soir, la librairie « La Belle Aventure » avait changé sa vitrine.

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Petit dessin discret au salon de thé de la rue Gambetta.

 

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Il n’y a pas que les soldes dans la vie, rue de la Regratterie.

 

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Plus une annonce dans cette agence immobilière rue Gaston-Hulin… que des messages de soutien.

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Un crêpe noir accroché sur la façade de la bijouterie rue des Cordeliers.

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Dans la vitrine de Gibert….

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Dans toutes les langues rue du Moulin à vent.

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Nouveau dessin de Nadia Savarit.

 

5 réflexions au sujet de « A Poitiers, on pleure, on dessine, on s’exprime… »

  1. Je ne sais pas dessiner.
    DESSINE-MOI

    Il était une fois au pays des Zomes, une sorcière qui voulait éteindre le feu.
    Tous les soirs, dans leur poêle ou leur cheminée, ces petits êtres ronds, tranquilles et satisfaits d’eux-mêmes, l’allumaient en craquant simplement une allumette. C’était si facile qu’ils avaient oublié comment faire sans elle.
    La sorcière le savait et elle décida de détruire toutes les allumettes qui existaient au pays des Zomes.
    Elle fit s’abattre une pluie torrentielle sur les magasins et bientôt plus un seul de ces bâtonnets ne put servir. Tous les feus s’éteignirent en une nuit parce que pas un ne s’éveilla pour ranimer le sien.
    Les Zomes commencèrent à avoir froid mais ils se couvrirent de gros manteaux de plus en plus épais, si épais qu’ils ne ressentaient plus le refroidissement qui s’installait.
    Ils eurent peur ensuite, pour tout et rien, peur surtout de perdre leur bien, leurs acquis, ou de n’avoir pas assez. C’était très bête, leur monde recélait tout, il suffisait de partager mais la peur les empêchait de comprendre.
    Ils finirent par oublier la joie. Puis l’espoir.
    Bientôt certains devinrent fous. Des fils, des pères, des femmes aussi. Ils tuaient tout ce qui ne leur ressemblait pas. Tout ce qui était libre et joyeux. Ils voulaient que les Zomes restent cachés, apeurés, qu’ils se taisent, qu’ils obéissent, qu’ils servent un chef très sévère. Ils l’appelaient dieu. Ils voulaient qu’ils ne pensent plus.
    De drôles de famille se constituèrent, en cachette. Ils se regroupaient dans des lieux depuis longtemps oubliés : les bibliothèques. Elles avaient été désertées peu après l’invention de l’allumette. Ils prenaient des notes. Ils écrivaient des tas d’idées, tout ça pour essayer de retrouver comment faire le feu. Ils leur semblaient que lui seul pourrait les sauver de la terreur qui s’était installée. Forcément les idées qui sauveraient le monde seraient compliquées, il ne pouvait en être autrement. Alors, pour se rappeler de tout, il fallait écrire beaucoup et de longues phrases que seuls les plus intelligents comprenaient.
    Un petit Zome entra un jour en même temps que les autres. Il avait avec lui des crayons de couleur et un fagot accroché à la ceinture. Le gardien manqua l’arrêter en voyant les crayons de couleur qui ne faisaient pas très sérieux mais fut bien obligé de le laisser entrer quand un vieux Zome lui dit qu’il n’était qu’un enfant et qu’à l’intérieur de la bibliothèque il comprendrait très vite l’inutilité de la couleur dans la recherche du savoir.
    Petit Zome choisit un siège si profond qu’il pouvait s’y asseoir en tailleur et déplier sa feuille devant lui. Il écouta les vieux Zomes exposer leurs idées et très vite prit ses crayons et commença à dessiner. Celui qui avait autorisé sa venue se pencha et regarda. Un dessin attrapa son regard, puis un autre. Le vieux sembla comprendre quelque chose et se mit à rire si fort que les autres accoururent, se demandant s’il n’était pas en train de devenir fou. De l’index, il leur montra les couleurs du petit et bientôt l’hilarité fut générale.
    Tantôt ils pleuraient de joie, tantôt ils souriaient tristement, parfois ils restaient béats…
    Cela dura des heures et petit ne se lassait pas. Ils étaient tous assis en rond, les yeux rivés sur un crayon qui semblait leur livrer les travers et les merveilles du monde. Il y avait des Zomes bleus, rouges et verts, des papas, des chefs, des nourrices, des vendeurs et des coiffeurs et même des docteurs et des présidents de la république, tous à regarder le crayon magique du petit Zome.
    Tout à coup, jaillirent de leur cœur une flammèche. Elle vint se glisser à toute vitesse sous le fagot déposé au milieu des dessins qui jonchaient le sol. Elles taquinèrent si longtemps le bois mort qu’il finit par s’embraser pour le plaisir et remercier les Zomes de l’avoir tant ému car un bois qui est mort ne l’est jamais tout-à-fait.
    C’est ainsi que les Zomes comprirent comment allumer un bon feu sans allumettes. Pas tout de suite parce qu’ils essayèrent de construire des théories compliquées sur ce qui venait de se passer, des théories fumantes comme on dit, sur les particularités du bois de truc et de l’atmosphère bidule unique à la bibliothèque qui avaient déclenché l’allumage du fagot…
    Mais petit Zome et les enfants comprirent facilement qu’il suffit d’être ensemble, de partager des rires et des idées pour que la chaleur revienne dans les cœurs et les maisons. Alors ils écoutèrent sagement les savants et certains même, en grandissant, comprirent ce que la science voulait dire, mais pour l’essentiel, comment ne pas perdre le feu de l’amour, ils le conservèrent dans leur cœur, au creux du silence d’un magnifique secret qu’ils partageaient tous. Ils l’entretinrent et le transmirent à leur tour à leurs enfants. Un dessin suffisait pour faire tout comprendre et il le livrait avec fierté quand leur progéniture suffisamment grande leur demandait :
    – Dessine-moi le secret.
    Avec le temps, on n’entendit plus parler des Zomes, forcément, ils vivent heureux, ce qui n’est pas si compliqué !
    Si dieu existe, il est ailleurs que dans la barbarie.
    Dans le doute, comportons-nous divinement, soyons forts et généreux, soyons tolérants et créatifs, et soyons aussi intransigeants sur le respect des valeurs portées par tout état démocratique et laïc. Soyons intransigeants sur la liberté d’expression.
    Je vais m’abonner à Charlie Hebdo que je n’ai jamais lu. Pour le principe.

  2. Au delà du chagrin que tous ces événements nous font vivre, il faut se dire que si les hommes meurent, les idées vivent ou survivent et c’est là que nous devons montrer notre détermination pour conserver notre liberté d’expression, assurons le maximum de tirages au journal et abonnons nous à Charlie pour que très vite on puisse chanter
    VIVE CHARLIE
    amicalement
    Claude

  3. Contre la barbarie et la sombre bêtise, lutter avec comme seules armes l’amour et les crayons, le rire et le partage.Ni violence, ni haine

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